1 + 1 = 4

Je me souviens, il y a une bonne année, vous avoir écrit que les sites de rencontre, merci, mais je n’y croyais plus. Et puis il y a eu ce vieux contact (appelons-le F) qui m’a encore relancée, et que j’avais jusqu’à présent évincé pour cause d’amie commune (comprendre : une de ses ex se trouvait être une vague connaissance à moi, qui, soit dit en passant, n’arrivait pas à tourner la page et tournait en boucle au sujet dudit F). De guerre lasse, je finis par céder, sans trop y croire, et nous voilà partis pour un verre…

1 an et de nombreux verres plus tard, F est toujours là, dans ma vie. F n’est pas parfait, c’est un être humain quoi, mais il a les qualités requises : gentillesse, générosité, sincérité, ouverture d’esprit et sexytude à fond les ballons. Pour le reste (les petits désagréments), je passe par-dessus volontiers. On s’aime, on est attachés l’un à l’autre, sauf qu’il y a des petits éléments logistiques à régler.

 

  1. Il y a moi, et avec moi, il y a bébé, un deuzans que j’ai 100% du temps

Entendons-nous bien, j’aime mon fils plus que tout au monde, et il sera toujours ma priorité absolue. Mais à deux ans, c’est bien connu, il demande beaucoup d’énergie, de place, d’attention et de patience. En bref, il n’y en a que pour lui, et le couple se construit comme il peut au milieu des jeux, des crises de rires et de larmes, des nuits blanches ou entrecoupées, d’une quasi-absence d’intimité et de nerfs empelotés. Dit comme ça, avec le recul, je m’aperçois que la survie de notre jeune couple tient du miracle, et que j’ai rencontré un homme vraiment exceptionnel.

Un homme exceptionnel qui envisage d’adopter mon Loulou (non reconnu par son géniteur, pour rappel). Qui l’a peu à peu aimé comme son propre enfant, qui se précipite sur lui pour le consoler à la moindre chute, qui passe des heures à lui gratouiller la tête pour l’endormir, qui se lève pour le bibi de 6h30 du matin le week-end.

Un homme que mon fils appelle « Papa« . Sans qu’aucun de nous deux ne lui suggère jamais cette appellation. Nous pensons qu’il a simplement associé ce mot à l’homme de sa vie, en entendant les autres enfants de chez la Nounou appeler le leur.

Un homme qui nous a finalement amadoués, mon bébé et moi, qui a accepté le package et s’en est très bien sorti avec l’un comme l’autre.

 

2. Et puis il y a lui, et avec lui, sa chipie de 5 ans, et l’ombre de son ex (jalouse et aigrie)

Car oui, lui aussi, il est parent solo. A mi-temps, avec un mode de garde ubuesque et aléatoire, changeant souvent, au gré des délires maniacodépressifs de la mère de la demoiselle. La pauvre gamine est ballotée d’un foyer à l’autre chaque jour : lundi chez papa, mardi chez maman, mercredi chez papa, jeudi chez maman, etc. Pratique, pour se construire, se rassurer avec des repères et des habitudes, être bien éduquée, pousser droit. Admirable pour planifier, organiser la semaine, le week-end, les sorties et les vacances. Et encore, je ne vous dis pas tout concernant les couleuvres que son harpie d’ex fait avaler à mon homme sous prétexte que pour leur fille, il faut faire des concessions. Nous ne sommes pas là pour parler d’elle, et de toute façon, F a pris conscience du déséquilibre et du côté nocif pour tout le monde de cette situation, qui est entrain de changer.

En attendant, entre la petite et moi, c’est, en conséquence et de manière prévisible, compliqué.

Primo, parce que mademoiselle était à la base très mal éduquée, capricieuse, désobéissante et très turbulente. Tout ce que je ne veux pas que mon fils devienne, tout ce que je ne veux pas qu’il ait pour modèle. A côté de ça, elle apprécie beaucoup le bébé, le considère un peu comme son poupon d’ailleurs, se fait un joie de toujours lui faire la leçon, n’a de cesse de l’exciter et lui est toujours après. Vous vous en douterez bien, je ne tarde pas à exploser et à la prendre en grippe. Le couple cahote, le naufrage n’est pas loin. Mais après remise en question des deux côtés, on réessaye. Reposons les bases, expliquons les règles à la miss, lui offrons des repères, mettons des mots sur la place de chacun dans la famille. Comme je sais que ça peut être difficile pour la péquélette de trouver sa place, de me voir lui « prendre » son père et d’entendre mon fils l’appeler Papa, je fais tout (trop?) pour qu’elle ne se sente pas à l’écart, tout en la cadrant au maximum sans la braquer, bref, un vrai numéro d’équilibriste. Mais parfois, je n’en peux plus, je manque perdre patience, et dans ces moments-là, j’ai besoin de ne plus la voir pendant un certain temps. Je sais que c’est moche, dit comme ça, mais lorsque je sens que j’atteins mes limites, je préfère prendre de la distance plutôt que de me braquer contre elle.

Deuzio, parce que j’ai tendance à être sévère et exigeante avec elle. Comme c’est la grande, j’ai du mal à la voir faire le bébé et entraîner mon fils dans une spirale d’énervement dont j’aurai du mal à la faire sortir, au moment du coucher notamment. Et puis, parce que je suis obligée de me mordre les lèvres quand elle me ressasse qu’avant, « papa et maman ils étaient amoureux« , qu’elle se promène avec une sucette (oui oui, à presque six ans !) qui proclame que « ma maman c’est la meilleure« , ou encore quand F reçoit 10 fois par jour un sms de la harpie pour savoir comment va la petite. Cette même harpie qui a été dire à sa fille que si Papa était avec moi, c’était dans le but de faire souffrir Maman… no comment.

 

Alors au final, pourquoi ça tient ?

Déjà, parce que nous vivons chacun chez nous. A la moindre menace de coupe trop pleine, d’un côté ou de l’autre, chacun part sa réfugier dans sa propre maison, la houle retombe le temps de quelques jours chacun chez soi, et ça peut repartir plus calmement.

Ensuite, parce que nous discutons beaucoup, savons nous remettre en question l’un comme l’autre, connaissons nos propres travers et luttons pour ne pas tomber dedans. Face à la fatigue, au stress et à la nervosité, nous avons une solution : des câlins, et beaucoup de sommeil.

Enfin, parce que nous tâchons de toujours raisonner à deux, en ce qui concerne chacun des enfants, et jamais l’un contre l’autre. Nous allons toujours dans le même sens face aux enfants, nous nous soutenons face à un caprice ou un chagrin enfantin, mais aussi contre la bêtise de la harpie qui ne manque pas d’imagination pour nous pourrir la vie. Nous faisons front ensemble, et nous gardons en tête une notion essentielle : respect mutuel, protection des enfants, préservation du couple.

Nous ne voulons pas aller trop vite. Les enfants s’apprécient, nous apprécient, nous avons trouvé un équilibre chacun chez nous, pour l’instant, ça restera comme ça encore plusieurs mois, voire année(s).

Nos moments rien qu’à deux sont très rares. Mais nous les savourons toujours comme des amoureux du premier jour.

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