Mes voisins, mes emmerde(eur)s

Aujourd’hui, j’ai besoin envie de parler des joies du voisinage.

Il est clair à présent que la méchante fée des voisins s’est penchée sur mon berceau à ma naissance pour m’asséner une malédiction qui s’avère tenace. Cette hypothèse me paraît la plus plausible (la seconde étant que la majorité des gens de ma région seraient des relous sans gêne ni discrétion, considérant qu’ils sont seuls au monde).

Un petit retour dans le temps (encore ?!) s’impose.

20 ans, premier appartement. Un petit studio ceint de murs en papier de cigarette. Joie, bonheur, allégresse, je suis enfin chez moi, indépendante, adulte, etc, bref, la vie commence. Oui, bienvenue dans la vie ma petite, tu vas comprendre dés ce soir : le gai luron qui habite de l’autre côté du papier de cigarette est un vieux (comprendre : 30 ans. A l’époque pour moi, c’était un ancêtre, comme quoi, tout est relatif) con d’Italien dont l’emploi du temps quotidien se résume ainsi :

– Lever à 14H (et venir frapper chez moi si j’avais le malheur de passer l’aspirateur avant).

– Toilette et petit dej’ avec le Boulevard des Clips à fond les ballons (oui, Boulevard des clips, qui a dit que c’était moi maintenant, l’ancêtre ?).

– Sortie jusqu’à 18-19H (la paix !).

– Vocalises sur Eros Ramazzoti de 19h à 20h30 avec, bien sûr, sono à fond de calle.

– Réception (bien arrosée) des copains de 20h30 à 23h30, à grands cris et rigolades.

– Sortie en boîte jusqu’à 3H du matin (23h30 – 3H : mon temps de sommeil).

– De 3H à 4H du matin : retour de boîte bien imbibé, rires et cris, déplacement des lits, ouverture des clic-clac, derniers verres sur le balcon.

– 4H – 14H : dodo.

Et pendant ce temps là, moi, je me lève à 6H pour aller en cours, et je révise en vue de préparer mon concours de prof jusqu’à tomber de sommeil, le soir. Ambiance, ambiance.

Il aurait pu y avoir un répit bien mérité quand le bellâtre allait voir sa petite copine (dont les talons aiguilles devaient certainement avoir été soudés à la plante des pieds (comprendre : elle ne les enlevait jamais))… si ladite petite copine n’avait pas été ma voisine du dessus.

Heureusement, à 20 ans, on a besoin de peu de sommeil, on est encore pleine de patience, on croit en la vie et en les gens. Je n’ai rien dit (ou presque) et j’ai tenu presque 2 ans.

 

Mon concours en poche, me voilà mutée dans un petit village tranquille du Trouducudumonde. Un havre de calme, de paix, de silence – j’ai oublié de vous préciser que je suis une grande fan du Silence, je crois, sans rire, que je souffre d’hyperacousie. Rien de tel, pour me détendre, qu’un bon bouquin dans un calme royal.

Et bien, croyez-le si vous le voulez, le seul camé du village a eu la bonne idée de venir s’installer dans l’appartement mitoyen au mien, et d’inviter ses potes de planage tous les soirs pour partager de bons moments; et pour vibrer en pleine montée, rien de tel que des baffles à fond, n’est-ce pas ? Je n’ai trop rien dit, mais la moutarde commençait à me monter au nez. J’ai tenu 1 an.

 

Nouvel appartement, cette fois-ci, dans un bâtiment neuf, donc pourvu d’une meilleure isolation phonique je l’espère. En effet, ici, je n’entends plus mes voisins aller au toilette (même si j’entends toujours les chasses d’eau) ni parler au téléphone. Un grand ouf. Malheureusement, les baies vitrées ne disposent pas d’une aussi bonne isolation que les murs et plafonds. Malheureusement, mon voisin est un apprenti guitariste qui s’installe sur son balcon tous les soirs (tard) pour jouer (mal) de sa guitare, et faire des gammes à n’en plus finir.

 

Rencontre avec futur ex mari, nous aménageons dans un haut de villa bien insonorisé, les voisins du bas sont cool, tout va bien. Sauf qu’au bout de 4 mois, ils déménagent et là, c’est le drame. Leurs remplaçants sont un couple de trouducs dont les enfants jouent tout l’après-midi en hurlant sous nos fenêtres. Quand les joyeux bambins vont enfin se coucher (ou se planter devant la télé), les parents prennent la relève, reçoivent les amis trois fois la semaine, à grands cris et rires gras (non non, je ne me répète pas). C’est pas grave, on dormira samedi et dimanche matin… et bien non les amis ! Le samedi matin, Monsieur le voisin joue au skateboard sous nos fenêtres (il joue à sauter pour le faire tourner, vous voyez le truc); le dimanche matin (et quand je dis matin je dis 7H30 – 8H), son trip, et je ne plaisante pas, c’est de JOUER DU JUMBE !! C’est arrivée à ce stade que la théorie de la mauvaise fée des voisins a germé dans ma tête fatiguée.

 

Énième déménagement. Erreur fatale, nous aménageons dans un bas de villa dont le plafond est un mégaphone géant. Tout va bien dans le meilleur des mondes tant que l’étage est inoccupé. Et bien sûr, vous vous en douterez bien à ce stade du récit, le drame survint quand nos nouveaux copains du dessus aménagèrent. Au début, je me suis dis chouette, des vieux (comprendre : la quarantaine), ils vont être calmes ceux-là. C’était sans compter sur le fait que :

1) On habite à la mer + ils viennent de Bourgogne + ils ont une famille assez imposante = De mai à septembre, toute la Bourgogne habite au-dessus de notre tête, et la Bourgogne est en vacances, donc repas à 10 minimum tous les soirs jusqu’à 2h du matin (précisons bien que nous, nous n’étions pas en vacances).

2) Madame marchait en petites claquettes à talonnettes, et souffrait d’hyperactivité : elle ne posait JAMAIS ses grosses fesses et déambulait toute la journée/soirée/nuit.

3) Monsieur souffrait d’insomnie et se levait 50 fois par nuit pour écouter de la musique, regarder la télé, ou bricoler un brin (perceuse, marteau).

A ce chapitre de ma triste histoire de voisinage, les plombs sautent, je pars en crises de larmes et je deviens un brin moins sympathique : mes voisins et moi, ce ne fut pas l’amour fou, et ça a même fini devant Messieurs les gendarmes.

 

Accalmie quand nous avons acheté notre maison (critère de choix numéro 1 : le voisinage et la non-mitoyenneté). Comme vous le savez, j’ai malheureusement du dire adieu à ma chère maison pour voguer à nouveau en solitaire, et la mauvaise fée du voisinage s’en est frotté les mains. Vous savez aussi, si vous avez tout bien suivi, que j’ai déménagé quatre fois ensuite. Et bien, dans mes trois logements précédents, j’ai eu droit à :

– Celle qui adore faire son ménage à fond une nuit sur deux, et qui change tout le temps ses meubles de place la nuit, c’est son délire (bien sûr, c’est ma voisine du haut).

– Celui qui adore le rap et qui l’écoute à fond tout l’après-midi, et aussi, bien sûr, quand il rentre du boulot, pour se détendre un peu hein, faut bien (il est videur, il rentre à 4H du matin).

– Le chien qui aboie toute la journée (et que n’est jamais à bout de souffle, mais comment il fait ?), et tous les vendredis et samedis soirs, quand ses maîtres sont absents.

– Les bricoleurs qui font des (gros) travaux de 7H à 19H (comprendre : marteaux, perceuses), dimanches et fériés compris.

– La cloche de l’église qui hurle tous les quarts d’heure, parfois pendant 15min non stop, et qui se trouve malheureusement à 100m de mes fenêtres (nouveau critère sur ma liste : pas de clocher à moins d’1km).

Oui, vous avez bien compté, trois appartements, cinq tirets, ce qui veut dire, cher petit lecteur, que certains tirets sont à cumuler entre eux. Mais passons. Passons également sur ma santé mentale qui commence alors à défaillir, et allons directement à l’essentiel : mes voisins actuels.

 

Rappelons qu’avec mes petits moyens de célibataire et mon joyeux bambin, j’ai du résoudre une équation compliquée, à savoir : habiter dans le Sud + avoir 2 chambres + gagner le SMIC = la grosse merde. Ce fut donc un parcours du combattant et un sacré coup de vaine que de trouver mon appartement. Tout était très calme à mon arrivée. Mais (je suis sûre que vous connaissez la suite), à peine mes valises posées, que ne vois-je pas débouler ? Joie, bonheur, allégresse, de nouveaux voisins. Bizarrement, mon radar à boulets clignote « alerte rouge, alerte rouge », peut-être parce que 1) Ils ont 20 ans, 2) Il a le regard vitreux, 3) Ils arrivent en vieux camion pourri avec des potes qui les suivent en faisant pétarader leurs scooters pourris, 4) Leur terrasse devient et demeure un véritable capharnaüm.

Malheureusement, à présent je sais que vous n’avez plus aucun doute, mes intuitions se sont révélées plus qu’exactes. Le soir même de leur arrivée, fiesta, cris et rires gras une bonne partie de la nuit. Les pauvres, il faut les excuser, ils viennent d’arriver. Idem le lendemain. Idem trois fois la semaine, en fait. Les pauvres, il faut les excuser, ils sont pleins de bière et de Canabis, ils ne savent plus trop bien contrôler leurs douces voix.

En journée, c’est bienvenue sur le Dance Flor des Racailleux du coin : par chance pour ses amis du voisinages (nous), Shootman possède des amplis de concert, et adore écouter son bon son (techno, rap, que d’apaisantes mélodies en somme) à fond la sono. De préférence quand Fils, et accessoirement sa Maman, essaient de piquer un petit roupillon de milieu de journée.

Joie, allégresse, bonheur. Quand je demande à mes aimables nouveaux meilleurs amis de la mettre en sourdine, je me fais d’emblée traiter de vieille rabat-joie. Je m’en fiche comme de ma première culotte, et je descends leur sonner les cloches à chaque fois. C’est la guerre. Et dés que j’entends les murs raisonner, j’ai des envies de meurtre. Je n’arrive plus à leur dire bonjour quand je les croise, j’ai des pulsions pyromanes quand je vois leur vieux camion pourri, bref, je voudrais qu’ils dégagent. Car ces gens là sont sans gêne, et je sais d’expérience qu’ils ne changeront pas. Ça me turlupine tellement que je me mets la rate au courbouillon (merci Maman de m’avoir scrupuleusement inculqué toutes tes expressions préhistoriques). Sauf que cette fois-ci, je ne pourrais pas déménager pour fuir ces démons de l’enfer : je me demande bien comment ça va finir, cette histoire-là (en fait je sais : devant les flics).

Et voilà, vous savez tout sur mes joyeuses et passionnantes petites expériences de voisinage.

Publicités

5 réflexions sur “Mes voisins, mes emmerde(eur)s

    • En fait depuis que j’ai posté cet article, les choses ont un peu évolué : en effet, ça s’est terminé devant les gendarmes, mais Shootman a eu, je crois, tellement peur en les voyant arriver (on se demande pourquoi..!) que maintenant qu’il sait que je suis prête à les rappeler, il se tient à carreaux… j’ai même droit à des bonjours et à des sourires hypocrites 😀 !

      Aimé par 1 personne

  1. Pingback: Mes voisins, mes emmerde(ur)s – 2 | Mémento d'une Maman solo

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s